Des mots. Parce qu'il en faut. Parce qu'il doit bien y en avoir, des mots pour exprimer cela, des mots pour te rendre hommage, à toi, Léa, sans pour autant verser dans le mélodramatisme avec des phrases du genre « Reposes en paix ».
Oui, des mots pour ça, des mots pour toi, il faut qu'il y en ait, même si je ne les ais pas encore trouvé, même si peut-être cela mettra beaucoup de temps.
La seule chose qui me vient à l'esprit, là, maintenant, c'est que tu nous manques. Terriblement. Et aussi, qu'on a compris. Compris que tu ne voulais pas nous punir en faisant cela. Que tu l'as fait pour toi. Sans penser aux conséquences, certes, mais pour toi. Et c'est ce qui compte pour nous, c'est le plus important.
Alors nous, maintenant, sans toi, on essaye de se reconstruire, on a réappris à sourire... Mais si les gens regardaient un peu mieux dans le fond de nos yeux, ils ne verraient que toi Léa, que toi.
Oui, on réapprend à vivre, mais on nous a arrachés ce morceau de notre coeur auquel on tenait tant, et ils sont mutilés comme au lendemain d'une bataille.
Mais après une bataille, on se relève, et on recommence à marcher. Au début, chaque pas est un supplice, et puis, petit à petit, la douleur diminue. Mais elle ne disparaît pas. Jamais. Elle reste, lancinante, dans notre cerveau, dans notre coeur et dans chacun de nos muscles, et à chacun de nos pas.
Mais on avance un peu plus chaque jour, à chaque pas. Parce qu'on a compris que la vie ne nous attendait pas, qu'elle filait droit devant nous, et que si on ne la rattrapait pas, on resterait derrière elle jusqu'à la fin, à nous traîner et à essayer de la suivre sans jamais la rattraper. La tienne de vie ne file plus, elle s'est arrêtée. Mais nous, on a fait un bout de chemin avec elle, et ça, c'était le plus beau cadeau que nos vies pouvaient nous faire.